Objection de conscience
Refuser ce qui contredit sa conscience.
À vingt ans, j’ai obtenu le statut d’objecteur de conscience. Je l’ai utilisé pour refuser le service militaire.
Ce refus m’a appris quelque chose qui ne m’a jamais quitté : lorsqu’une institution exige l’obéissance, la discipline ou la préparation à la violence, la conscience garde le droit de dire non.
L’objection de conscience dépasse largement le refus de l’armée. Elle commence lorsque l’on refuse de participer, de près ou de loin, à ce qui humilie, domine, détruit ou réduit une vie au rang de chose.
Elle demande du courage. Elle suppose d’assumer les conséquences de son refus, de tenir sa position et de refuser le silence lorsque le silence devient complice.
C’est une manière de rester debout face à ce qui abîme les existences et le vivant.

