Objection de conscience
Refuser ce qui contredit sa conscience.
L’objection de conscience est née, dans l’histoire, du refus de participer à la guerre. Elle dépasse aujourd’hui cette origine.
Elle concerne toute situation où une personne refuse de participer, directement ou indirectement, à une violence, une injustice, une domination ou une destruction qu’elle juge inacceptable.
Objection de conscience, c’est refuser de se taire lorsque la loi, la norme, la hiérarchie ou l’habitude demandent de se soumettre. C’est refuser de devenir complice de ce qui humilie, écrase, exploite ou détruit.
À vingt ans, j’ai obtenu le statut d’objecteur de conscience. Je l’ai utilisé pour refuser le service militaire.
Ce choix a marqué une rupture profonde. Je refusais une institution fondée sur la discipline, la hiérarchie, la préparation à la violence et l’obéissance aveugle. Je refusais aussi l’idée que la soumission puisse devenir une vertu.
Ce statut n’a jamais été pour moi un simple document administratif. Il a été une manière de poser ma conscience face au monde, de dire non et d’assumer les conséquences de ce non.
Aujourd’hui, l’objection de conscience demeure une manière de tenir une position. Elle me rappelle que la dignité commence souvent par un refus.
Refuser l’inacceptable. Refuser la violence. Refuser l’humiliation. Refuser de laisser les autres décider à notre place de ce que nous devons devenir, faire ou taire.
L’objection de conscience est une forme de lucidité. Elle demande du courage, parce qu’elle oblige à regarder ce que beaucoup préfèrent ne pas voir.
Elle est aussi une manière de rester fidèle à ce qui, en nous, refuse encore de céder.



